10 bonnes raisons de détester Google (4/10) : Google joue vos emplois à pile ou face
Accepterait-on qu’une entreprise privée, de quelques milliers de personne, puisse du jour au lendemain mettre sur la paille des dizaines d’entreprises, des milliers d’emplois ? Accepterait-on une bourse financière dont les cours seraient décidés par un organisme privé, lequel en tirerait également l’ensemble de ses (colossaux) bénéfices ? Bienvenue dans le web d’aujourd’hui !

Quand Google aura mis au chômage l'ensemble du web, ils pourront toujours faire un service d'offres d'emploi pour aider leurs victimes à se reconvertir...
Google n’aime pas les référenceurs et l’a fait comprendre à de nombreuses reprises. Qu’un moteur veuille se préserver du spam et des astuces les plus ridicules (bourrage de mots-clés, contenu caché), c’est légitime. Qu’il garde secrète sa formule de calcul, je peux comprendre. Qu’ils se foutent royalement des référenceurs, ça me gêne déjà un peu plus. Je ne reviendrai pas, dans l’article d’aujourd’hui, sur les déclarations ridicules destinées aux référenceurs, truffées de bêtises, d’inexactitudes voire de mensonges éhontés, et dont Google est devenu coutumier.
Il s’agit simplement de comprendre que personne, hors Google, ne maîtrise vraiment le référencement de ses sites.
Hors Google, point de salut ?
Votre société est en 1ère/2ème position sur son mot-clé commercial ultra-rentable. Vous maintenez le cap, faites tout ce qu’il faut pour le référencement (les articles bateau en masse, les liens sur des sites de merde et des sites de communiqués de presse, j’en passe, et des meilleures), ça vous coûte du fric en référenceurs et en consulting, mais ça va.
BOUM ! Google change d’algo et vous passez 11ème. Sans possibilité de revenir en arrière, à moins de claquer 250,000 euros de dev pour re-fondre complètement votre site. Vous perdez 97% des visites issues de Google, donc plus de 90% des visites issues des moteurs, soit une bonne moitié de votre trafic. Votre chiffre d’affaires devient très inférieur à vos dépenses, vous coulez, direction l’anpe (euh pardon, le Paul Emploi).
Est-ce la faute de Google ? Ou plutôt, c’est leur faute d’avoir monopolisé plus de 90% du marché. Si trois ou quatre moteurs pesaient plus de 15% sur le marché de la recherche, il serait toujours possible de faire l’impasse sur l’un d’entre eux. Là, c’est impossible. Et comme le travail des référenceurs cesse d’être « optimisation pour les moteurs » pour être de plus en plus « optimisation pour google », Google réagit en obscurcissant encore plus sa politique et ses décisions. Ce qui, fatalement, créera d’autres dégringolades dans les positionnements et les chiffres d’affaire…
Pire que Google : ses visiteurs ?
Nous sommes tous responsables de cette situation. Il nous suffirait d’utiliser un moteur de recherche autre que Google.
Oh, mais attendez, j’oublie un truc. Firefox a 1/3 du marché et les recherches que vous y tapez, dans la barre de recherche ou dans la barre d’adresse, partent droit vers Google. Faudra que je révise les conditions d’utilisation de Firefox, parce que moi, il me semblait que Firefox était créé par une fondation, pas par Google, et que rien ne me semblait m’y imposer l’utilisation du Moteur de Recherche de Droit Divin. Mais c’est vrai que quand un navigateur est financé à 75% par une seule firme, cela crée certaines dépendances…
Même Opera et Safari utilisent Google comme moteur par défaut ! Et on ne parle évidemment pas de Google Chrome… Comme le dit Google, il faut « aider les autres entreprises à être compétitifs » (cf les principes de la compétition vus par Google, absolument authentique !) !!!
Donc les seuls à ne pas être aiguillés sur Google sont… Les utilisateurs d’internet explorer, généralement les moins connaisseurs, et donc les plus prompts à croire que « les moteurs de recherche », c’est Google, Google Blog Search et Google Images.
Dans des conditions pareilles, comment espérer que le quasi-monopole de Google prenne fin un jour ?
Innovateurs ou repompeurs ?
Pour Google, trouver de bonnes idées pour de nouveaux services, c’est facile : il suffit de regarder quels sites attirent le plus de visiteurs, puis de faire la même chose. Au besoin, s’il y a besoin d’un peu de technique, on injecte quelques millions dans une entreprise (Youtube), ou dans un de ses concurrents (Google Analytics), et on obtient notre « Google Truc » nouveau, acclamé par tous et d’ores et déjà assuré d’avoir quelques millions de visiteurs réguliers.
Eh oui, qu’on se le dise : il n’y a guère de « propriété intellectuelle » pour les concepts de site. Toute idée lucrative, ou drainant un très grand nombre de visiteurs, est susceptible d’être volée reprise par Google. Et ça ne gênera personne.
Quand Google innove, ce sont des génies ; quand ils copient, ils font juste bien leur boulot.
Alors vous pouvez me sortir tout le baratin que vous voulez sur la concurrence. Il n’y a pas de concurrence avec Google. Regardez les difficultés qu’ont des géants comme Microsoft et Yahoo, et dites-moi que quelqu’un peut oser faire de l’ombre au géant.
Prenons un bon exemple…
Vous voulez vendre un service de Web Analytics ? C’est un bon exemple parce que, vous voyez, avant l’arrivée de Google Analytics, c’était un secteur archi concurrentiel. Aujourd’hui, leur service représente plus de 30% des sites internet. En parts de marché, je ne sais pas combien ça représente… 50% ?
Bien sûr, si vous vouliez vendre pareil service, il vous faudrait :
- Une équipe d’ingénieurs expérimentés et compétents : Google a racheté la sienne pour monter son service.
- Il vous faudrait un design pour attirer le visiteur, même minimaliste : Google n’en a pas besoin, ils ont quasiment les copyrights sur les sites écrits en noir sur fond blanc avec un logo en trois couleurs pour seul agrément.
- Il vous faudrait un équipe pour gérer la communication, monter une stratégie, un business plan : Google n’en a pas besoin ; le buzz fait connaître leurs services à la planète entière. Le business plan, c’est d’attirer un maximum de gens sur du Google.
- Il vous faudrait une équipe de référenceurs, d’une part pour monter dans les résultats naturels des moteurs de recherche, d’autre part, pour monter dans les résultats sponsorisés : Google n’en a pas besoin ; leurs services sont automatiquement classés N°1.
Et quand bien même vous passeriez outre ces « quelques » difficultés. Google trouvera autre chose. Tapez « Yahoo Analytics », comme ça, juste pour rigoler. C’est marrant, la première pub, à droite, est pour Google Analytics. Pourtant j’ai bien tapé Yahoo. Et là vous ne pouvez plus le voir, mais pendant plusieurs semaines, l’un des bouts de texte apparaissant comme description disait « Yahoo analytics was never intended to be free » (« Yahoo Analytics n’a jamais été conçu pour être gratuit »). Probablement pris complètement au hasard.
Le Google de Damoclès au-dessus de nos têtes
Dans le marché concurrentiel d’internet, Google est juge et partie.
Alors demandez-vous ce qui se passera, demain, si Google décide de s’en prendre au secteur dans lequel vous travaillez. Si demain, ils placent leur boutique de bouquins et cd en tête des résultats de recherche visant des achats de bouquins et cd, combien d’entreprises vont sauter ? S’ils placent leurs annonces immobilières sur toutes les requêtes pour des maisons et apparts ciblant une zone géographique, combien de centaines d’emplois seront grillées – rien qu’en France ?
On se consolera en imaginant un service Google Emplois, présentant gratuitement des offres d’emploi aux internautes. Ca fera super plaisir aux mecs de Keljob et Cadremploi une fois qu’ils auront été mis sur la paille.
L’argument-massue habituel des pro-Google (c’est-à-dire de la majorité des internautes), c’est que bon, d’accord, mais merde, ce qu’ils font c’est bien. Mais y a pas de problème, les mecs. Donnez-moi quelques millions d’euros et je vous fais mon propre service-site web d’ultra haute qualité, ergonomique et ultra-rapide. Ce serait pas mal de comprendre la distinction entre « une entreprise qui fait bien son boulot » et « une entreprise au budget quasi illimité et qui est mieux armée que quiconque pour faire du bon boulot ».
Mais moi, si le gouvernement me rationnait ma bouffe, décidait de ce que je mange, où, quand, comment et avec qui, je n’irais pas jusqu’à les féliciter parce qu’en plus, la bouffe était bonne ?
Très bon article qui pousse à réfléchir à la question. En effet, les monopoles ne sont jamais bon, surtout quand, comme dans le cas de Google, il sont multiples…
c’est bon j’arrete google ou presque (j’ai tjrs l’email google, les photos google,…)