10 bonnes raisons de détester Google (3/10) : Google pille la nouvelle économie
C’est épatant comme les google adwords parviennent à passer pour une petite révolution du web. Ok, ils me disent régulièrement « Comment gagner 139.000$ par mois, venez découvrir ma méthode » et d’autres conneries du même genre, mais soit, rédiger des publicités de 95 caractères, tous les spécialistes le disent, c’est une révolution ! (non, je ne ferai pas de parallèle avec Twitter)
Google se plie en quatre pour vous !
Adwords présente tellement bien. regardez, vous ne payez pas par impression (ce mode de paiement issu de la préhistoire du web). Et si personne n’a enchéri sur un mot-clé, pas de problème, ça ne coûte qu’un 1 centime d’euro par click. Et Google a créé plein de trucs sympas pour distinguer les vrais clicks et les faux, vous ne paierez donc pas pour les gus qui créent des bots pour cliquer sur les bannières de leur propre site afin d’accroître leurs revenus ! Super ! Ils se plient vraiment en quatre pour vous, chez Google. Sinon, s’il y a d’autres annonceurs, c’est grosso modo au plus offrant. Mais ils ajustent quand même, il y a plein de trucs pour vous faire économiser des sous ! Ils sont vraiment à votre service, chez Google !
Donc vous n’avez plus qu’à calculer le retour sur investissement moyen d’un visiteur envoyé par une pub adwords. Votre concurrent vient d’enchérir à 3,5 euros pour votre mot-clé ? Vous faites votre calcul, un visiteur vous rapporte en moyenne 5 euros. Vous hésitez un moment, puis enchérissez à 4 euros le click. Vous êtes satisfait, car vous y gagnez 1 euro à chaque visiteur ! C’est vraiment formidable, vive Google, vive la nouvelle économie !
Ah zut en fait, c’est le contraire !
A un moment il faut arrêter d’halluciner, et être capable de voir qu’à 4 euros le click qui vous en rapporte 5, même si vous parvenez à garder l’équilibre financier, 80% des revenus générés par votre activité vont à Google. Et là, y a pas de bouclier fiscal pour vous protéger. C’est vraiment vous qui vous mettez en quatre pour Google.
Plus vous faites d’efforts pour améliorer vos offres, leur positionnement, la qualité des pages où envoient vos annonces, plus vous investissez dans la pub en ligne, plus les revenus de Google gonflent.
Et toutes ces sociétés qui vendent sur le web, leurs services ou leurs produits, songez-y : elles sont dépendantes et tributaires de leur position sur Google, qui représente, dans notre beau pays, 93 % du trafic issu des moteurs de recherche (autant dire 93% du trafic hors facebook et hors sites majeurs type amazon et ebay). C’est vraiment beau, toutes ces boîtes qui peuvent mettre la clé sous la porte, des dizaines, des centaines de personnes sur la paille, selon le bon vouloir de Google. Mais non, ils sont tellement bons, tellement justes (leur devise serait même « don’t be evil », c’est dire, ils sont encore plus populaires que Barack Obama !) : comment cela serait-il possible ?
Pour quelques centaines de personnes qui bricolent un algo à la con pour classer vos annonces adwords, combien de milliers de personne dépendent de Adwords, directement ou indirectement ? C’est un peu comme si la bourse était une société privée, et prélevait 80% des bénéfices boursiers. On aurait vraiment une belle économie.
Je surfe sur internet, ou juste sur Google ?
Ca n’est certes pas si différent des publicités diffusées à la télé, à la radio, dans les journaux… Mais comptez-les. Combien de chaînes, combien de télés, combien de radios – sur l’ensemble de la planète ? Combien de Google ???
Quand le pluralisme a-t-il cessé de nous importer ? Dans notre monde moderne (ou qui croit l’être), si un seul organisme prenait le contrôle de toutes les chaînes de télé françaises – c’est-à-dire une fraction de la télé mondiale – cela créerait un scandale historique et le monde politique s’en mêlerait immédiatement afin de faire cesser le « monopole ». Pareil organisme ne serait pourtant qu’un enfant de choeur comparé à Google.
Si les comportements des internautes n’étaient pas autant limités à, et formatés par Google, toutes ces sociétés auraient des alternatives pour trouver leurs clients, se faire connaître, et faire des bénéfices… Comment la net économie de la planète entière, c’est-à-dire l’un des segments de l’économie mondiale dotés de la plus forte croissance et du plus fort potentiel, peut-elle ainsi se trouver à la merci d’une unique société de moins de vingt mille personne ?
Très bon article, qui nous ouvre les yeux sur les dangers d’un monopole…
Une belle référence sur le sujet par Jakob Nielsen, expert international en web et tutti quanti : http://www.useit.com/alertbox/search_engines.html (oui c’est en angliche)