Buzz
En mettant « buzz » en titre, j’étais sûr de vous avoir !
A une époque où ce terme n’existait pas encore, le « buzz », c’était quand on allait au bistrot, qu’on discutait avec René et Gertrude du débat avant le second tour des présidentielles vu la veille, entre un double scotch et un whisky, et qu’on se rendait compte que les gens au comptoir, sur les tables, ou ceux en train de gerber dans la cuvette des wc, parlaient tous, eux aussi, du débat de la veille.
Ca pouvait aussi être, quand on arrivait au taf le matin, avec la marque de l’oreiller sur la figure, de parler avec sa secrétaire et son manager pour lui dire « rah t’as entendu qu’y a eu un séïsme en Californie, rahh c’est affreux tous ces morts, il fait quoi Shwarzenegger c’est con si on avait décalé notre séjour d’une semaine on aurait pu prendre des photos des cadavres et des immeubles effondrés ».
Aujourd’hui, comme notre monde est beaucoup plus moderne, beaucoup plus sophistiqué, et que nous avons tous grandi avec davantage de culture, de réflexion et aussi de technologies, le buzz a évolué, et l’internet, média de l’hypercommunication (putain j’en ai des expressions de la hype à placer, ça envoie du bois, Googlebot va adorer !), en est naturellement le principal vecteur.
C’est ainsi aujourd’hui on peut recevoir un mail (en copie avec douze cents autres destinataires) avec en fichier joint, une vidéo intitulée « femmes au volant » où l’on voit des vidéos de crash de voiture collectées sur dailymotion, ou lire sur Twitter (allez, avouez, vous lisez les twittages logorrhéique de vos 440 « amis », généralement hérités à parts égales de facebook, myspace, et votre belle-famille) que sur youtube il y a une vidéo d’un mec qui décapsule des heineken avec son anus, mais ah, c’est dommage, elle a été retirée par les administrateurs parce qu’il avait mis du Mariah Carey en fond sonore et que du coup universal music lui demande 200 millions de dollars de dommages et intérêts.
Putain, ça doit être ça qu’on appelle le progrès.
Sinon, si vous voulez vous aussi buzzer tout ce qui bouge (non, je ne m’abaisserai pas à des jeux de mots hyper prévisibles avec cette phrase), je vous propose mes articles maison « spécial buzz » :
- Mon quizz qui suis-je ?
- Mon tuyau bidon béton sur le concurrent de Twitter lancé par Google.
- Ma proposition de loi Hadopire !
Comme ça, vous participerez vous aussi à la déchéance intellectuelle du monde en général, et de l’internet en particulier, mais au moins vous le ferez sciemment, et en me faisant gagner du fric (non mais c’est pas vrai, j’ai pas encore mis d’adwords).