La sorcellerie au secours de la relance
Plus les jours passent, plus les politiques ouvrent leur gueule, plus je comprends que j’ai tort, et que oui, l’économie c’est avant tout de la magie ! Quand je vois les plans de relance concoctés par de futur(e)s candidat(e)s à la présidence, je me dis qu’on pourrait aussi bien tenter de marabouter le cac40, ou de placer un sort sur les taux de crédit. Je ne sais pas si ça marcherait, mais en cas d’échec, ça aurait le mérite de ne pas coûter bien cher.
Alors les enfants, on révise. Je ne vais pas vous réexpliquer ce qui a mené à la crise économique actuelle, bien que j’aie conscience que la grande majorité des français l’ignorent. Je vais me borner à rappeler ses principales conséquences :
- manque de financement pour les entreprises, ce qui assomme les grandes entreprises dont les trésoreries sont fragiles, et ce bien avant les banques. Ces entreprises ont peu de marge de maneuvre car pas de réserve, pas de soutien, pas d’alternative, donc ce sont les employés qui trinquent.
- baisse progressive des prix sur le marché immobilier. C’est en fait un retour à la normale, mais cela signifie que le secteur immobilier, qui représente quand même une fraction non négligeable de notre économie, voit ses revenus baisser dans des proportions énormes, ce qui provoque pertes de revenus et pertes d’emploi.
- cause et non conséquence de la crise, il y a baisse de la consommation, en particulier dans le secteur automobile. Encore une fois les manques de financement limitent les marges de maneuvre, ce sont donc les employés qui trinquent. On notera aussi que les super bonus/malus écologiques, qui ont dû réduire les rejets de co2 français d’un bon 0,0000000000000000002 % l’an dernier, poussent les consommateurs vers des modèles moins coûteux, sur lesquels les constructeurs font moins de marge, donc moins d’argent pour tourner, donc paf les employés.
- fluctuations dans le système de valeur mondiale, c’est-à-dire les taux de change, les taux de crédit, le coût de l’essence.
Donc qu’on soit clairs : pour 95% des employés français, il n’y a pas de baisse de salaire, et encore moins de licenciement. La fin de l’inflation double les revenus réels des livrets, la chute du prix de l’essence, des prix de l’immobilier, du prix des voitures (vu que les constructeurs bradent) contribuent tous à accroître très fortement notre pouvoir d’achat.
Voilà, c’est peut-être ni très précis, ni exhaustif comme compte rendu, mais cela éclaire un peu les mesures suivantes, proposées par Martine A., de Lille :
- Aide immédiate de 500 euros aux bas salaires : c’est pas con ça, on donne 500 euros pour qu’ils dépensent 500 euros, puis on réclame 500 euros pour financer la mesure. Ca c’est de la relance.
- +3% au smic. C’est Noël : déjà que le pouvoir d’achat n’a pas été aussi fort depuis des années (voire depuis toujours) pour les bas salaires, en plus on leur donne du fric et on les augmente. Bon ok, ça marche que si leurs entreprises ont de quoi les payer plus, sachant qu’à l’heure actuelle, leur seule marge de maneuvre, c’est le licenciement. Mais pourquoi s’arrêter aux détails ?
- les négociations salariales. J’attends les meilleurs vidéos sur dailymotion. « - on veut des sous » « - on en a pas, demandez aux banques ».
- baisse de la tva pour financer le smic. Quelle différence avec creuser la dette pour financer la relance (méthode Obama) ? La tva, elle, peut profiter aux produits étrangers plus qu’aux produits français…
- l’allocation au logement à augmenter… C’est comme la prime de 500 euros… Sauf qu’en plus, les prix des logements ont baissé. Je vous passe le blah-blah sur les loyers et l’inflation
- créer 100000 emplois aidés supplémentaires… Ben oui, si le privé ne crée pas assez d’emplois, on les crée en public. Avec l’argent de la dette, ou l’argent du privé ?
Heureusement pour nous, le reste des mesures (suppression du paquet fiscal, contrôle des licenciements « boursiers », entrée de l’état au capital des banques défaillantes, investissement dans les collectivités locales) sont correctes. Il y avait donc bien deux-trois personnes au ps avec des connaissances en économie. Ou alors, leur marabout leur a conseillé de les rajouter… Après tout, si les politiciens confondent économie et magie, la sorcellerie peut bien, en retour, venir au secours de la relance…
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